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« L’odyssée ou le journal d’un migrant » de Steve Bodjona : prophétie et signe précurseur de l’immigration clandestine fatale.

Au moment où on enregistre des milliers de migrants clandestins africains et plus de 1.200 naufragés dans la méditerranée, se rendant en Italie comme réfugiés économiques en avril et mai 2015, « L’Odyssée ou le journal d’un migrant » est plus que d’actualité. C’est un roman de l’auteur togolais Steve Bodjona. Il est publié aux éditions Edilivre en 2014.

PhotoOdysée1Comme une page des écrits d’un journaliste ou d’un historien, la quatrième de couverture du livre indique que « Chaque année, nombreux sont les candidats à l’immigration qui meurent noyés aux larges des côtes atlantiques et de la méditerranée….. ». Mais au delà de la voie marine, « il faut ajouter les cas dont on ne parle que très peu, notamment les décès par asphyxie dans des camions passeurs ou encore sous l’effet de la chaleur torride lors de la traversée du désert ».

« L’odyssée ou le journal d’un migrant » est un roman précurseur. Certains diraient que c’est un récit prophétique dans la mesure où il devance les événements tragiques de ces derniers mois et va au delà de ce qui se voit et se dit régulièrement dans les médias. Doit-on donc attendre les catastrophes humanitaires des migrants africains en haute mer ou dans les déserts avant la tenue des conférences des grandes mesures pour prévenir et enrayer le plus que mal comme c’est le cas dans la mer méditerranée avec cette avalanche de morts en avril et mai 2015 ?

Steve Bodjona n’a pas attendu la sonnerie du glas avant d’interpeller par la fiction la conscience collective morale face à ce fléau de l’ère révolution du printemps. Conscience, aussi bien celle des dirigeants africains et occidentaux que celle des migrants en quête d’un mieux-être au péril de leur vie. L’auteur a précédé dans son roman les nombreuses catastrophes du mois d’avril et de mai 2015 en mer méditerranée et attire vaillamment l’attention sur l’immigration clandestine par la voie terrestre.

L’immigration clandestine est un mirage. Telle est la pensée autour de laquelle « L’odyssée ou le journal d’un migrant » de Steve Bodjona est écrit. L’histoire tourne autour des personnages créés par l’auteur pour relater un fait réel comme ça se vit par les Africains dont les pays sont en guerre, ont connu la guerre ou dont les désastreuses situations socioéconomiques poussent les jeunes à entreprendre l’immigration clandestine quel que soit le prix à payer.

Alex emprunte un livre à son collègue de service. Il y découvre un récit dans lequel Abdel déploie toutes les raisons intelligentes et intelligibles pour dissuader Martin de partir en aventure de l’el dorado européen, mais en vain. Celui-ci, par tous les moyens, atterrit sur le sol français et fut accueilli par Edouard. Martin se rendit compte qu’il venait plutôt de faire un rêve. Son voyage à bord du boeing 707 qui atterrit à l’aéroport Charles-de-Gaulles est une invention féérique de son esprit pour réaliser son désir vivant d’immigration non encore abouti. Au moment où il lisait ce livre, Alex nourrissait gloutonnement un plan d’immigration aussi fort que son envie de vivre.

« L’odyssée ou le journal d’un migrant » de Steve Bodjona est plus que d’actualité. J’en veux pour preuve le passage qui suit en plus du titre qui est une bonne porte d’entrée au roman : « Il fut porté à sa connaissance que le plan visant à le faire entrer dans l’espace européen excluait catégoriquement les compagnies aériennes. Il fallait obligatoirement éviter les services d’immigration. Ils partiraient par groupes de cinq pour rejoindre le Maghreb. Le long de leur trajet, ils seraient rejoints par d’autres venant de la sous-région et devraient former un contingent d’environ deux cent quatre-vingt personnes au point d’embarquement, au large de la méditerranée. L’Espagne se présentait comme un passage obligatoire dans le rêve français de Martin ».

Mais la mort d’Ahmed dans le désert sous le coup de la fatigue et de la chaleur, la mésaventure de Mira, la seule fille du groupe, pour qui il était impossible de continuer l’aventure, faute de moyen de continuer à payer les passeurs et leurs complices, etc., finissent par plonger Alex dans le doute d’entreprendre l’immigration clandestine par le désert.

L’auteur a sans doute fait des recherches avant d’écrire ce roman car il a décrit avec une certaine précision les itinéraires des migrants africains par le désert. Les pays d’origine, les points de départ, les étapes et les escales, les pratiques illicites des contrebandes sont mis à nu tout comme et les difficultés et les risques.

Loin des grandes conférences onéreuses sans des actions concrètes mesurables, Steve Bodjona contribue par son roman à la réduction de l’immigration clandestine. La thématique est de la plus haute importance. Mais Edilivre n’a pas suffisamment accompagné l’auteur. Le lecteur est resté sur sa soif. Cette Maison aurait pu demander à l’auteur d’imaginer d’autres faits pour étoffer la trame de son récit et créer d’autres suspenses afin de préparer le roman à un plus grand volume. On est en train de croire, que de plus en plus, les maisons d’édition sont beaucoup plus enclines au gain que par le professionnalisme, donc la qualité et la force des livres édités. Cela n’incombe pas à l’auteur.

Toutefois, la lecture de « L’odyssée ou le journal d’un migrant » est bien né pour décourager les jeunes à entreprendre la migration clandestine par la mer et par le désert. Le roman devrait inciter les gouvernants à créer les conditions d’insertion sociale convenable aux jeunes afin d’éviter les catastrophes humanitaires dans la mer et dans le désert. La pensée du livre interpelle l’occident et l’Afrique à plusieurs égards.

PhotoOdysée2

J’invite vivement nous jeunes à savourer ces lignes édificatrices !

 

1er juin 2015 / Maurille-Vierge KOUDOSSOU

2 juin, 2015 à 11 h 45 min


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